AccueilEntretien › Locataire ou propriétaire

Locataire ou propriétaire : qui paie l'entretien de la chaudière ?

La réponse est dans deux textes qui ne disent pas la même chose selon qu'il s'agit de l'entretien annuel, du ramonage du conduit ou du remplacement de l'appareil. Les trois se règlent différemment, et le bail peut renverser le premier.

Textes vérifiés sur Legifrance le 9 septembre 2026.

Locataire ou propriétaire
Illustration générée par intelligence artificielle. Les chiffres de cette page proviennent de relevés réels et datés.

L'entretien annuel de la chaudière est à la charge de l'occupant, donc du locataire, sauf clause contraire du bail. Le ramonage du conduit l'est aussi, et sans échappatoire : il figure nommément dans la liste des réparations locatives. En revanche, le remplacement de la chaudière et les réparations importantes restent au propriétaire, et aucune clause ne peut le lui retirer.

Voilà la règle en trois lignes. Le reste de cette page sert à savoir laquelle des trois situations est la vôtre, parce que c'est là que les litiges naissent.

L'entretien annuel : au locataire, sauf clause du bail

Le texte est l'article R. 224-41-4 du code de l'environnement. Il soumet à un entretien annuel toute chaudière de 4 à 400 kilowatts, ce qui couvre la quasi-totalité des chaudières individuelles, et il désigne l'occupant comme responsable pour une chaudière individuelle, sauf clause contraire du bail.

Ces quatre derniers mots comptent. Beaucoup de baux prévoient l'inverse, et c'est parfaitement licite : le propriétaire souscrit alors un contrat d'entretien et l'assume, ou il le récupère au titre des charges quand l'installation est collective. La ligne se lit dans le bail avant de se discuter, et si elle n'y figure pas, c'est le locataire qui paie.

Le cas le plus fréquent, et le plus mal compris : le propriétaire a souscrit un contrat annuel avant l'arrivée du locataire, il continue de le payer, et il l'ajoute aux charges. C'est régulier pour une installation collective. Pour une chaudière individuelle, ce n'est pas une charge récupérable de plein droit : cela suppose un accord, et le bail doit le dire.

Le ramonage du conduit : au locataire, nommément

Ici, aucune ambiguïté possible. Le ramonage figure dans la liste des réparations locatives annexée au décret n° 87-712 du 26 août 1987, à la rubrique des autres équipements, sous la formule exacte : « Ramonage des conduits d'évacuation des fumées et des gaz et conduits de ventilation ».

Et la même annexe met à la charge du locataire, à la rubrique chauffage, production d'eau chaude et robinetterie, une liste de gestes qu'il vaut la peine de connaître : « Remplacement des bilames, pistons, membranes, boîtes à eau, allumage piézo-électrique, clapets et joints des appareils à gaz ; Rinçage et nettoyage des corps de chauffe et tuyauteries ; Remplacement des joints, clapets et presse-étoupes des robinets ».

Autrement dit : les petites pièces d'usure et le nettoyage sont locatifs. Un joint, un clapet, un allumage piézo, le rinçage d'un corps de chauffe. Ce sont exactement les postes qu'un locataire croit souvent pouvoir refuser, et qui sont écrits noir sur blanc depuis 1987.

Ce qui reste au propriétaire, et qu'aucune clause ne déplace

Le propriétaire doit délivrer un logement en bon état d'usage et y entretenir les équipements mentionnés au bail, en assurant toutes les réparations autres que locatives. Concrètement :

La frontière pratique tient en une question : la panne vient-elle d'un défaut d'entretien courant, ou de l'âge de l'appareil ? Et c'est l'attestation d'entretien qui répond. Un locataire qui produit ses attestations annuelles démontre qu'il a tenu sa part ; celui qui n'en a pas se trouve en position de devoir prouver le contraire.

L'attestation, la pièce qui tranche les litiges

Le professionnel l'établit dans un délai de quinze jours suivant sa visite, et elle doit être conservée et tenue à disposition pendant deux ans au minimum. Pour le ramonage, le code de la santé publique impose la même chose : une attestation sous quinze jours ouvrés, attestant de la vacuité du conduit sur toute sa longueur, conservée deux ans.

Trois moments où ce document décide de tout :

Après un sinistre

L'assureur la demande. Sans attestation de moins d'un an, l'indemnisation peut être réduite ou refusée si l'expert établit un défaut d'entretien.

À l'état des lieux de sortie

Le propriétaire peut réclamer les attestations des années de location. C'est le moment où l'absence coûte cher, retenue sur dépôt de garantie à l'appui.

En cas de panne

Elle départage l'usure normale, au propriétaire, du défaut d'entretien, au locataire. Sans elle, le débat est perdu d'avance.

Le réflexe utile, dans les deux sens : le locataire envoie une copie de l'attestation au propriétaire chaque année, par écrit ; le propriétaire la réclame une fois par an. Cinq minutes qui évitent une retenue de plusieurs centaines d'euros à la sortie.

Chauffage collectif : la règle change

Quand la chaudière est collective, l'obligation d'entretien incombe au propriétaire, au syndicat des copropriétaires ou à l'exploitant de l'immeuble, et non à l'occupant. Le ramonage suit la même logique : tous les six mois pour une installation collective, dont une fois pendant la période de chauffe.

Le coût, lui, se retrouve dans les charges. Il est récupérable sur les locataires au titre du décret sur les charges récupérables, qui vise nommément le ramonage des chaudières, carneaux et cheminées d'une installation collective. Un locataire d'immeuble collectif paie donc l'entretien, mais par sa quittance et non par une facture à son nom.

Combien cela coûte, et à qui l'annoncer

Pour savoir si le montant qu'on vous réclame est cohérent, nos relevés du 9 septembre 2026 donnent les ordres de grandeur : une visite d'entretien seule se paie 103 à 178 € chez les artisans dont nous avons lu la grille, 215 € quand le ramonage du conduit est compris, et un contrat annuel chez un opérateur national va de 119 à 305 € selon ce qu'il couvre en cas de panne. Le détail est sur nos pages prix de l'entretien d'une chaudière et prix d'un ramonage.

Un point de vigilance sur les charges : si le propriétaire vous refacture un contrat « tout compris » incluant le remplacement des pièces, il vous fait payer une couverture qui protège son patrimoine, pas votre usage. La part correspondant aux réparations non locatives n'a pas à vous être imputée.

Faire réaliser l'entretien annuel par un professionnel de votre secteur. Exigez l'attestation dans les quinze jours et gardez-en une copie : c'est elle qui vous protège, locataire comme propriétaire.

Les questions qu'on nous pose

L'entretien de la chaudière est-il à la charge du locataire ?

Oui pour une chaudière individuelle, en tant qu'occupant, sauf clause contraire du bail : c'est ce que dit l'article R. 224-41-4 du code de l'environnement. Le ramonage du conduit est également locatif, il figure nommément dans l'annexe du décret n° 87-712 du 26 août 1987. En revanche, pour une installation collective, l'obligation pèse sur le propriétaire ou le syndicat, et le coût se récupère par les charges.

Le propriétaire peut-il exiger les attestations à l'état des lieux de sortie ?

Oui, et c'est fréquent. L'attestation doit d'ailleurs être conservée deux ans au minimum et tenue à disposition. Son absence permet au propriétaire de soutenir que l'entretien n'a pas été fait, et d'imputer au locataire une part des réparations qu'un entretien régulier aurait évitées. Envoyer une copie chaque année règle la question par avance.

Qui paie si la chaudière tombe en panne pendant le bail ?

Le propriétaire, pour tout ce qui relève de la vétusté et des réparations autres que locatives : échangeur, corps de chauffe, carte électronique, remplacement de l'appareil. Le locataire, pour les menues réparations que le décret de 1987 énumère, joints, clapets, allumage piézo-électrique, rinçage des corps de chauffe. La ligne de partage se prouve avec les attestations d'entretien.

Le propriétaire peut-il m'imposer son prestataire ?

Si le bail met l'entretien à votre charge, vous choisissez votre professionnel, à condition qu'il soit qualifié et qu'il délivre l'attestation réglementaire. Si le bail prévoit que le propriétaire s'en occupe, c'est lui qui choisit, et vous ne pouvez pas exiger un autre intervenant. Les baux qui imposent un prestataire nommé tout en laissant la charge au locataire sont à faire préciser avant signature.

Et si le logement était loué sans entretien depuis des années ?

La régularisation se fait pour l'avenir, et elle est dans votre intérêt : le premier entretien après une longue interruption est aussi celui qui révèle les défauts, notamment la teneur en monoxyde de carbone, mesurée obligatoirement. Le retard antérieur ne vous est pas imputable si l'obligation pesait sur un occupant précédent ou sur le propriétaire selon le bail.

À lire aussi

Le prix de l'entretien d'une chaudière · Le contrat d'entretien · Le prix d'un ramonage · Tout l'entretien